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Dans le rétroviseur

Subtítulo - Sous-titre - Subtítulo Aux origines de la réflexion sur les tiers-lieux nourriciers
Fecha de publicación / Date de publication / Data de publicação 26.02.2026
Texto del artículo / Texte de l'article / Texto do artigo La hausse de la précarité alimentaire, l’inflation des produits de première nécessité et la crise du monde agricole placent l’alimentation au cœur des préoccupations des politiques publiques, mais aussi des citoyen·nes. Les tiers-lieux, depuis plusieurs années, se sont appropriés les enjeux agricoles et alimentaires. Ces réflexions sont partagées par de nombreuses structures, observées, analysées, visibilisées et soutenues entre autres par FAB’LIM et la Coopérative Tiers-Lieux.

FAB’LIM, en partenariat avec l’INRAE, la Coopérative Tiers-Lieux, la DRAAF Occitanie et la Chaire AgroSYS Institut Agro, ont réalisé en 2020 un premier travail de recensement des tiers-lieux nourriciers en France. 125 lieux, dits dans un premier temps « tiers-lieux agroécologiques et alimentaires », puis « tiers-lieux nourriciers », ont été identifiés dans toute la France. Parmi eux, une quinzaine ont fait l’objet d’entretiens pour fournir une première typologie de ce qu’est un tiers-lieu nourricier et amorcer une réflexion sur l’apport des tiers-lieux aux enjeux alimentaires et agroécologiques de leur territoire.

En 2022, la Coopérative Tiers-Lieux publie son premier panorama des tiers-lieux nourriciers. Ce focus s’inscrit dans une réflexion amorcée dès 2019, visant à inventorier et documenter l’essor de tiers-lieux investissant les champs agricole et alimentaire, des initiatives encore peu visibles. Ce travail met en lumière 42 tiers-lieux se reconnaissant comme nourriciers, ayant en commun la volonté d’œuvrer pour une justice alimentaire et d’encourager l’autonomie alimentaire des territoires.
Un second panorama, en 2024, a permis d’affiner la vision de ce que sont les tiers-lieux nourriciers. Dans les récits et présentations, le premier point mis en avant est la diversité des activités : production agricole, cuisines partagées, cantines solidaires, jardins partagés, épiceries solidaires, marchés ou encore des espaces de travail et d’animation qui ont pour but de sensibiliser les citoyen.es à une alimentation durable. Cette diversité des activités est un atout des tiers-lieux nourriciers démontrant leur capacité à s’adapter aux besoins locaux. Ainsi, trouver une définition commune est difficile, ce qui soulève de nombreuses questions sur ce qu’est un tiers-lieu nourricier.

Un tiers-lieu peut-il se revendiquer « nourricier » s’il n’a pas de production alimentaire ? Peut-on considérer un tiers-lieu en milieu urbain comme nourricier ?

C’est dans la continuité de ces travaux que s’inscrit le projet ATLAS, dont l’un des objectifs est de caractériser ce qu’est un tiers-lieu nourricier avec nos voisins européens d’Espagne et du Portugal. Il s’agit de construire une démarche collective de compréhension, à partir des pratiques et des réalités de terrain. C’est en allant à la rencontre des tiers-lieux qui se définissent comme nourriciers, que pourront émerger des principes, des logiques et des dynamiques communes. Le but est d’ouvrir la réflexion et de proposer un cadre de lecture partagé. Dans cette perspective, il ne s’agit pas d’exclure des lieux qui ne répondent pas à tel critère ou ne seraient pas situés dans tel type de territoire, mais d’avoir une meilleure compréhension de la démarche nourricière au sein des tiers-lieux.

Cette démarche s’inscrit dans une logique distincte de celle d’un label, à l’image des Projets Alimentaires de Territoire (PAT), souvent fondé sur des critères formalisés et des modèles préétablis. Les membres d’ATLAS revendiquent la reconnaissance d’une démarche, attentive à la diversité des situations, plutôt que du respect d’un cahier des charges. En ce sens, les tiers-lieux nourriciers apparaissent moins comme un modèle standardisé que comme un champ d’expérimentation, permettant d’explorer les manières dont les tiers-lieux peuvent construire des réponses au système alimentaire et participer à la revitalisation de territoires engagés dans une réflexion sur les pratiques et les modèles alimentaires.

Auteur : Yohan TARIS, Chargé de mission tiers-lieux nourricier
Relectrice : Mélissa GENTILE, Responsable du laboratoire d’innovation sociale
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Características / Caractéristiques / Características


Idioma - Langue - Lingua
  • Français
Grupo de tarea a la que se refere el artículo / Groupe de tâche auquel se réfère l'article / Grupo de tarefas ao qual o artigo se refere  GT1 Estado del arte / Etat de l'art / Estado da arte
Temática / Thématique / Tema Tipología de las inicitativas / Typologie des initiatives / Tipologia das iniciativas

Des tiers-lieux aux tiers-lieux nourriciers

Entidad socia / Structure partenaire / Entidade parceira Région Nouvelle-Aquitaine


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Des tiers-lieux aux tiers-lieux nourriciers

Subtítulo - Sous-titre - Subtítulo genèse et évolution d’une politique publique en Nouvelle-Aquitaine
Fecha de publicación / Date de publication / Data de publicação 17.03.2026
Palabras clave / Mots-clés / Palavras-chave Projet ATLAS Tiers-lieux nourriciers
Texto del artículo / Texte de l'article / Texto do artigo Au nombre de 10 courant 2011, les tiers-lieux néo-aquitains sont aujourd’hui plus de 200 répartis dans les territoires, majoritairement ruraux. Ce résultat singulier est le fruit d’une politique engagée par la Région depuis plusieurs années et qui lui permet d’atteindre un maillage territorial unique : plus du double de la moyenne nationale (source France Tiers-Lieux).

Pourquoi la Région s’implique-t-elle autant pour les tiers-lieux ?

De par leur nature hybride, les tiers-lieux répondent à des besoins non-assouvis : des espaces de travail partagés ouverts à tous (plus que jamais nécessaires avec le développement massif du télétravail et l’enjeu de relocalisation de la production), mais aussi des lieux d’inclusion numérique, de programmation culturelle, de formation, d’accompagnement de projets, de cafés associatifs, de potagers partagés… Portés par des collectifs citoyens, ils sont des lieux où l’on se retrouve, où l’on se parle, où l’on échange, où l’on se cultive.

Au cours de ces dernières années, ces nouveaux espaces de travail ont connu une mutation progressive. En effet, tout d’abord destinés principalement à proposer des espaces de co-working pour le secteur tertiaire, ils sont devenus au fil du temps bien plus que de simples bureaux partagés. Le rapport au travail a évolué, avec notamment la volonté grandissante d’une plus grande autonomie, sans être isolé, en étant relié à un réseau professionnel pour mutualiser des ressources et des compétences. Ce changement s’est progressivement étendu au secteur secondaire (production, artisanat, artisanat d’art) mais aussi au secteur primaire (agriculture).

Que sont les tiers-lieux nourriciers et à quels enjeux répondent-ils ?
Dans une région fortement marquée par son identité agricole et gastronomique comme la Nouvelle-Aquitaine, les tiers-lieux nourriciers trouvent un écho particulièrement fort. Ils contribuent à répondre à plusieurs défis majeurs : le renouvellement des générations agricoles, la relocalisation des filières alimentaires, le développement des circuits courts ou l’accès de toute la population à une alimentation de qualité.

Les tiers-lieux nourriciers constituent également des espaces d’expérimentation collective. Ils permettent de réunir agriculteurs, artisans, habitants, associations et collectivités autour de projets communs liés à l’alimentation et à l’agriculture. En articulant production, transformation, distribution et sensibilisation, ces lieux participent à la construction de systèmes alimentaires territorialisés plus durables.
Ils peuvent notamment jouer un rôle dans :
l’accompagnement de nouveaux agriculteurs grâce à des dispositifs de test ou d’installation progressive ;
la mutualisation de terres agricoles, d’équipements de transformation (laboratoires, conserveries, cuisines professionnelles) ;
le développement de projets collectifs favorisant les circuits courts ;
l’éducation à l’alimentation durable et la sensibilisation des habitants.

Depuis quelques années, ces espaces se sont imposés comme des infrastructures de coopération territoriale. Leur capacité à croiser des activités économiques, sociales, culturelles et environnementales en fait des outils particulièrement adaptés pour répondre aux défis contemporains des territoires. En Nouvelle-Aquitaine, la montée en puissance des tiers-lieux nourriciers illustre cette évolution. En réinventant les liens entre agriculture, alimentation et société, ces lieux participent à la transition écologique et alimentaire tout en renforçant l’ancrage local des activités.
Pour la Région Nouvelle-Aquitaine, l’enjeu consiste désormais à accompagner ces dynamiques tout en préservant leur capacité d’innovation et leur ancrage dans les initiatives citoyennes.
Car les tiers-lieux incarnent la logique de décentralisation : ils partent des besoins territoriaux et des compétences des citoyens. Ce sont des laboratoires des transitions, qui permettent d’envisager de nouveaux modèles socio-économiques, de nouveaux rapports sociaux, des formes de gouvernance plus partagées et un rapport à l’environnement respectueux des équilibres sociaux et naturels.

Les tiers-lieux permettent ainsi de réinventer le rapport au territoire, renouveler l’action publique et expérimenter de nouvelles formes de coopération locale.


Características / Caractéristiques / Características


Idioma - Langue - Lingua
  • Français
Grupo de tarea a la que se refere el artículo / Groupe de tâche auquel se réfère l'article / Grupo de tarefas ao qual o artigo se refere  GT1 Estado del arte / Etat de l'art / Estado da arte
Temática / Thématique / Tema Descripción de los dispositivos piloto y sus prioridades de implementación / Description des dispositifs pilotes et de leurs priorités de déploiement / Descrição dos dispositivos-piloto e das suas prioridades de implementação

Lancement du projet ATLAS

Entidad socia / Structure partenaire / Entidade parceira Fundación para la Repoblación Sostenible


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Lancement du projet ATLAS

Subtítulo - Sous-titre - Subtítulo ATLAS a pour objectif de redynamiser les zones rurales et l'intérieur du pays, de créer des opportunités économiques et d'assurer la relève générationnelle, en soutenant la création/consolidation de « tiers-lieux » agroalimentaires. Le lancement officiel du projet a eu lieu en septembre lors d'une réunion virtuelle
Fecha de publicación / Date de publication / Data de publicação 17.10.2026
Palabras clave / Mots-clés / Palavras-chave ATLAS Tiers-lieux nourriciers
Texto del artículo / Texte de l'article / Texto do artigo Quels sont les « tiers-lieux » qui intéressent ATLAS ?
Des espaces physiques ouverts (ferme, parcelle, bâtiment, ancienne installation…) dynamisés par des communautés hétérogènes de personnes réunies sous la forme d’une association ou d’une coopérative à gouvernance partagée. Les tiers-lieux agroalimentaires accueillent des activités liées à l'agroécologie et à l'alimentation durable (par exemple : potager biologique, espace d'expérimentation agricole, atelier collectif de transformation de produits agricoles et forestiers, cantine sociale, paniers bio, magasin social, académie de permaculture, coworking, incubateur, conseil, ateliers d'éducation à l'environnement, etc.). Ils favorisent l'apprentissage par la pratique et l'innovation par et pour les acteurs locaux en réponse aux problèmes de leur territoire. De plus, ils encouragent l'initiative et l'esprit d'entreprise par le développement d'outils/d'infrastructures collectives (par exemple, un atelier de transformation, un four à pain, un moulin communautaire).

Principaux objectifs du projet

Harmoniser les connaissances et créer une culture des « tiers-lieux » agroalimentaires comme levier pour revitaliser les zones rurales et l'intérieur des terres, générer de nouvelles opportunités économiques et garantir la relève générationnelle.
Expérimenter et suivre des dispositifs innovants d'intervention publique et de promotion/accélération de projets afin de soutenir l'émergence et la consolidation de « tiers-lieux » agroalimentaires dans les zones rurales et l'intérieur des terres.

Formuler des recommandations visant à adapter/renforcer les politiques publiques actuelles et à élaborer de nouvelles stratégies de soutien aux tiers-lieux agroalimentaires aux étapes clés de leur développement, et capitaliser tous les enseignements tirés du projet afin de les diffuser.


Très prochainement : recensement participatif des initiatives

À l'échelle de l'espace SUDOE, les partenaires d'ATLAS lanceront prochainement un recensement participatif des initiatives correspondant à la définition d'un « tiers-lieu agroalimentaire » (qu'elles se soient ou non identifiées comme telles). Les initiatives volontaires pourront se faire connaître sur une plateforme open source dédiée au projet.

Des entretiens immersifs seront ensuite menés afin de mieux comprendre la valeur ajoutée des tiers-lieux dans la revitalisation des zones rurales, en complément de l’action des organisations professionnelles agricoles, des structures de développement territorial et des pouvoirs publics.

Des fiches d'expériences seront également élaborées afin de mettre en valeur des exemples d'innovations portées par des tiers-lieux pour maintenir les services, renforcer les liens sociaux, relocaliser les savoirs et la production agricole, et œuvrer en faveur de la relève générationnelle.

Si vous souhaitez obtenir plus d'informations ou faire connaître votre initiative, vous pouvez contacter :

En Espagne : javier.sanz@cchs.csic.es, info@cooperactyva.org, fundacion@repoblacion.ong, joseantonio.mateosm@juntaex.es, mariamontana.gomez@juntaex.es
En France : juliette@fablim.org, melissa@tierslieux.net, eugenie.michardiere@nouvelle-aquitaine.fr
Au Portugal : jorgedbg@gmail.com, fernando.romba@cimbal.org.pt

Vous pouvez consulter une présentation détaillée du projet et des partenaires en cliquant sur ce lien.
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Características / Caractéristiques / Características


Idioma - Langue - Lingua
  • Français
Grupo de tarea a la que se refere el artículo / Groupe de tâche auquel se réfère l'article / Grupo de tarefas ao qual o artigo se refere  GT1 Estado del arte / Etat de l'art / Estado da arte
Temática / Thématique / Tema Censo participativo de los terceros lugares agroalimentarios / Recensement participatif des tiers-lieux agroalimentaires / Recenseamento participativo dos terceiros lugares agroalimentares

Définition des critères relatifs aux tiers lieux agroalimentaires II

Entidad socia / Structure partenaire / Entidade parceira Fundación para la Repoblación Sostenible


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Définition des critères relatifs aux tiers lieux agroalimentaires II

Subtítulo - Sous-titre - Subtítulo La tradition qui nous porte : nous ne partons pas de zéro
Fecha de publicación / Date de publication / Data de publicação 09.03.2026
Palabras clave / Mots-clés / Palavras-chave Tiers-lieux nourriciers critères recensement
Texto del artículo / Texte de l'article / Texto do artigo Cet article constitue la deuxième partie de « Définition des critères des tiers-lieux agroalimentaires : un concept partagé, des réalités diverses I », dans lequel nous exposions les critères, décrivions la situation de départ en Espagne et soulignions l’importance du critère n° 6 sur ce territoire.

Au vu de ce qui précède, la bonne nouvelle est qu’en Espagne, nous ne partons pas de zéro. Nous disposons d’une tradition qui nous confère un énorme avantage concurrentiel.

Pour commencer, notre rapport à la nourriture est profondément social. C'est le rituel d'aller acheter le pain, la recette de grand-mère, la conserve que l'on partage avec le voisin. Ce savoir-faire en matière de culture, de cuisine et de transformation s'est transmis de génération en génération.

De plus, nous disposons d’un puissant tissu coopératif dans le secteur agroalimentaire, qui concentre un pourcentage très élevé de la production. Une tradition de travail collectif qui, bien que différente, constitue un terreau idéal pour les tiers-lieux.

Nous avons également une mémoire historique à revendiquer. Il existe des témoignages de collectivisations agricoles, comme celles de Llerena pendant la guerre civile, où la production a été mise au service de la communauté pour garantir l’alimentation de base. Des expériences effacées, mais qui nous rappellent que placer la nourriture au centre de la vie collective n’est pas une idée moderne.

Et, comme si cela ne suffisait pas, la production biologique est inscrite dans notre ADN. Plus de 12 % de notre superficie est déjà consacrée à l'agriculture biologique, même si une grande partie de la production locale n'est ni certifiée ni comptabilisée, car elle est destinée à l'autoconsommation ou à la vente directe. Prenons l'exemple du porc ibérique élevé en plein air : c'est de l'agroécologie à l'état pur, sans besoin de labels.

En définitive, les tiers-lieux agroalimentaires nous parlent d’un avenir où nous mangeons mieux, où nous connaissons ceux qui nous nourrissent et où nous décidons ensemble de ce que nous voulons que soit notre environnement. Un avenir qui, d’une certaine manière, fait déjà partie de notre passé et de notre façon de comprendre la vie. Il suffit de lui laisser un espace pour qu’il ressurgisse.

Dans la troisième partie de cet article « Définition des critères des tiers-lieux agroalimentaires III : Trois pays, une même recette. Comment la France, l'Espagne et le Portugal vivent leurs tiers-lieux », nous comparerons brièvement comment la France, l'Espagne et le Portugal vivent leurs tiers-lieux.
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Características / Caractéristiques / Características


Idioma - Langue - Lingua
  • Français
Grupo de tarea a la que se refere el artículo / Groupe de tâche auquel se réfère l'article / Grupo de tarefas ao qual o artigo se refere  GT1 Estado del arte / Etat de l'art / Estado da arte
Temática / Thématique / Tema Censo participativo de los terceros lugares agroalimentarios / Recensement participatif des tiers-lieux agroalimentaires / Recenseamento participativo dos terceiros lugares agroalimentares

ATLAS en route



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ATLAS en route

Subtítulo - Sous-titre - Subtítulo Etablir les bases de notre communication et de notre visibilité
Fecha de publicación / Date de publication / Data de publicação 26.03.2026
Palabras clave / Mots-clés / Palavras-chave ACTYVA S. COOP Tiers-lieux nourriciers communication+ interreg sudoe
Texto del artículo / Texte de l'article / Texto do artigo Les premiers mois du projet ATLAS ont été marqués par une activité effrénée et un objectif clair : construire une identité solide et veiller à ce que nos objectifs touchent tous les recoins de l'espace transnational. Chez ACTYVA S.COOP, en tant que responsables de ces premières actions de diffusion, nous partageons les étapes franchies au cours de cette phase de lancement, en coordonnant les efforts de nos partenaires en Espagne, en France et au Portugal.

Pour qu'un projet de cette envergure ait un impact réel, l'identité visuelle, en tant que visage d'ATLAS, a été l'une de nos priorités techniques. Au cours de cette période initiale, nous avons finalisé l'élaboration du manuel d'identité visuelle, en définissant une image qui reflète les valeurs de connexion, de durabilité et de réseau territorial qui nous unissent. Cette identité sert désormais de fil conducteur à tous nos supports physiques et numériques, garantissant que le projet soit pleinement reconnaissable dans les trois pays du réseau.

Nous comprenons que la visibilité commence sur le web, c'est pourquoi nous avons mis en place un écosystème numérique et des réseaux sociaux dynamiques pour favoriser l'interaction avec la communauté. Cela a notamment inclus le lancement du portail web officiel Yeswiki, un espace centralisé destiné à héberger les avancées et les bonnes pratiques, ainsi qu'une stratégie sur les réseaux professionnels conçue pour entrer en contact avec les acteurs clés du secteur dans tout le sud-ouest de l'Europe et créer une communauté active autour de nos objectifs communs.

Cependant, nous savons que tout ne se passe pas derrière un écran; c'est pourquoi la présence sur le terrain et les événements de lancement ont joué un rôle essentiel au cours de ce premier trimestre. ATLAS a pris vie tant lors de la réunion de lancement, où les axes stratégiques ont été définis avec tous les partenaires de la péninsule ibérique et de la France, que lors des différentes présentations locales organisées dans les régions participantes afin d'impliquer les acteurs du territoire dès le début.

Comment allons-nous poursuivre ?
La phase initiale de visibilité n'est que le prologue de notre feuille de route. Au cours des prochains mois, l'accent sera mis sur la création de contenus techniques spécialisés et la diffusion des premiers résultats tangibles qui commenceront à émerger des groupes de travail transnationaux.
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Características / Caractéristiques / Características


Idioma - Langue - Lingua
  • Français
Grupo de tarea a la que se refere el artículo / Groupe de tâche auquel se réfère l'article / Grupo de tarefas ao qual o artigo se refere  Transversal
Temática / Thématique / Tema Otra / Autre / Outra
Si otra temática, por favor especifique / Si autre thématique, préciser - Se outro tema, por favor especifique communication

Retour sur le webinaire tiers-lieux nourriciers et politiques publiques

Entidad socia / Structure partenaire / Entidade parceira FAB'LIM


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Retour sur le webinaire tiers-lieux nourriciers et politiques publiques

Subtítulo - Sous-titre - Subtítulo organisé le 29 juin 2026 par France Tiers-Lieux en collaboration avec FAB'LIM, la Coopérative Tiers-Lieux et le Réseau National Agricultures et Ruralités.
Fecha de publicación / Date de publication / Data de publicação 27.07.2026 - 08:00
Texto del artículo / Texte de l'article / Texto do artigo Le 29 juin 2026 14h30 à 16h30 s’est tenu le webinaire : Co-construire la relation entre tiers-lieux nourriciers et politiques publiques pour accompagner les transitions dans les campagnes et les quartiers. Celui-ci était organisé par France Tiers-Lieux en collaboration avec FAB'LIM, la Coopérative Tiers-Lieux et le Réseau National Agricultures et Ruralités.

Au programme : des retours d'expérience et des témoignages de réseaux, de tiers-lieux, de PAT et de PNR engagés dans ces dynamiques de coopération.

Dans un premier temps, Rémy Seillier (France Tiers-lieux) a présenté le livre blanc « PAT et tiers-lieux nourriciers » publié en début d'année, revenant sur les leviers et impacts des coopérations entre tiers-lieux nourriciers et politiques publiques. Document accessible sur ce lien.

Ensuite, Yohan Taris (Coop Tiers-lieux) a présenté le projet SUDOE ATLAS destiné à renforcer le rôle des tiers-lieux nourriciers dans la redynamisation des territoires ruraux, et présenté les premiers retours des entretiens menés dans le cadre de l'état de l'art. Le propos a été illustré par Nicolas Guibert, membre du Collectif Tilcara et maraîcher en permaculture (Haute-Vienne).

Pour illustrer les leviers de co-action entre collectivités et tiers-lieux nourriciers, Benjamin Maugey a présenté le tiers-lieu La Smalah (Landes) et Marie-Clémentine Foussat, la dynamique des Maisons de l'Alimentation solidaire mise en place par la Mairie de Montpellier.

Illustrant des pistes pour agir conjointement, Amande Reboul de La Grange des Roues et Mathilde Cottignies du PNR du Ventoux ont évoqués les liens de coopération tissés dans le cadre du PAT ou de la stratégie LEADER. Puis, Roxanne Wilhelm-Jammes du PNR des Grands Causses a présenté la coopération avec les tiers-lieux du territoire ayant mené à la structuration d’un réseau d'initiatives, ainsi que du programme événementiel « La Cocotte qui chuchote » avec l'organisation de banquets de produits locaux.

Compte-rendu du webinaire sur ce lien : Télécharger le fichier Webinaire_tierslieux_nourriciers_et_collectivites_FABLIM_Cooperative_TiersLieux_France_TiersLieux_ATLAS_GT1.pdf
Visuel_WBN_PAT_TLN_29juin2026.jpg
Autor.a de la imagen / Auteur.rice de l'image / Autor.a da imagem Tiphaine Verrier


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  • Français
Grupo de tarea a la que se refere el artículo / Groupe de tâche auquel se réfère l'article / Grupo de tarefas ao qual o artigo se refere  GT1 Estado del arte / Etat de l'art / Estado da arte
Temática / Thématique / Tema Censo participativo de los terceros lugares agroalimentarios / Recensement participatif des tiers-lieux agroalimentaires / Recenseamento participativo dos terceiros lugares agroalimentares

La Renouée : un tiers-lieu nourricier au service de la justice alimentaire et du lien social

Entidad socia / Structure partenaire / Entidade parceira Coopérative Tiers-Lieux


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La Renouée : un tiers-lieu nourricier au service de la justice alimentaire et du lien social

Subtítulo - Sous-titre - Subtítulo De la sauvegarde d’un marché de producteurs à la création d’un tiers-lieu nourricier
Fecha de publicación / Date de publication / Data de publicação 27.07.2026
Palabras clave / Mots-clés / Palavras-chave Alimentation durable Tiers-lieux nourriciers accessibilité
Texto del artículo / Texte de l'article / Texto do artigo La Renouée est un tiers-lieu situé à Gentioux-Pigerolles, sur le plateau de Millevaches, porté par l’association La Bascule. Ce projet s’inscrit dans un contexte rural marqué par la disparition progressive de plusieurs services de proximité, notamment la fermeture de la dernière épicerie du village et un marché de producteurs locaux en déclin. La création du projet répond alors à un besoin concret : maintenir un accès local à une alimentation de qualité tout en recréant un espace de rencontre et de convivialité au sein de la commune. Comme l’explique Rémi, membre du collectif à l’origine du projet : “L'association est très liée au marché d'été. En 2013, elle s'est créée pour pouvoir relancer le marché d'été. On l’a mis sur pied avec les producteurs. Pour le coup, c'est vraiment l'ADN de notre association.”
Dès son origine, le projet repose sur une approche alimentaire qui dépasse la simple distribution de produits. Le marché constitue un espace de rencontre permettant de rapprocher les habitant.es des producteurs locaux, de valoriser leurs pratiques agricoles et de maintenir une dynamique collective autour de l’alimentation. Le projet évolue progressivement avec l’installation d’une épicerie, puis avec la création d’un lieu physique permettant d’accueillir différentes activités. La Renouée devient alors un espace réunissant une multitude d’activités : une épicerie solidaire, un brasseur, un espace de coworking, une cuisine collective, des ateliers autour de l’alimentation et de l’agroécologie, un jardin partagé, une salle polyvalente ou encore des espaces d’accueil temporaire. Cette diversité d’usages fait du lieu un véritable espace de vie sociale, où l'alimentation devient un levier pour créer du lien entre habitants. Dans cette optique, le tiers-lieu à l’ambition d’être agréé par la CAF espace de vie sociale pour améliorer la qualité de leur accompagnement des publics précaires et sanctuariser un salaire.
Pour Sam, animateur socioculturel impliqué dans le projet, la création de La Renouée repose la volonté de créer du lien social entre les habitants, entre les différents agriculteurs et artisans qui étaient dans une démarche d'agroécologie, les associations qui nous entouraient.”
La Renouée s’inscrit dans une démarche d’éducation populaire autour de l’alimentation comme le souligne Sam : “ On est, on va dire, sur une forme d’éducation populaire à l’alimentation.”
Le projet cherche à transmettre des connaissances sur les pratiques agricoles durables, à reconnecter les habitants au vivant et à encourager une autre manière de produire et de consommer. Par exemple, l'ensemble des produits proposés dans l'épicerie est bio ou a minima locaux issus d’une agriculture conventionnelle mais respectueuse des écosystèmes.
L’évolution du projet, conçu initialement pour maintenir un marché de producteurs, illustre la capacité du tiers-lieux à adapter ses activités aux besoins des habitant.es. La Renouée a dépassé l’objectif initial pour devenir un lieu regroupant des activités en plein cœur d’un territoire rural favorisant ainsi la revitalisation et l’attractivité du village.

La Nourricière comme outil de justice alimentaire

Depuis 2023,La Renouée cherche à mettre en place une Sécurité Sociale de l’Alimentation en créant un dispositif unique, adapté à son territoire : La Nourricière. Ce dispositif illustre la volonté de La Renouée d’accompagner les habitant.es du territoire vers une alimentation de qualité à un prix accessible. La Nourricière vise à répondre à une limite identifiée par l’association : si des produits locaux et de qualité sont disponibles sur le territoire, ils restent parfois difficilement accessibles pour une partie des habitant.es en raison de leur coût. Plusieurs enquêté.es soulignent cette difficulté. Malgré la présence d’une épicerie proposant des produits locaux et bio, certains habitant.es n’ont pas les moyens financiers pour les acheter : “Des gens qu'on connaît ne viennent plus à l'épicerie parce que c'est trop cher.”
Concrètement, la Nourricière fonctionne grâce à un système de caisse alimentaire permettant de moduler le prix payé par les habitant·es tout en garantissant une rémunération juste aux producteur·rices. Lors du marché, les habitant·es prennent leurs produits directement auprès des producteur·rices mais règlent ensuite l’ensemble de leurs achats à l’épicerie de La Renouée. Pour garantir une juste rémunération, les producteur.rices déterminent en amont le prix juste auquel ils souhaitent être rémunérés et le transmettent aux habitant.es. Au moment du paiement, les habitant.es peuvent payer les produits au prix fixé par les producteur.rices, à un prix réduit, dépendant de leurs ressources, ou à un prix plus élevé.
L’écart entre le montant payé par les habitant·es et le prix nécessaire à la rémunération des producteur·rices est ensuite compensé grâce à une caisse alimentaire alimentée par les contributions des participant·es. Pour alimenter la caisse La Renouée mènent des actions de financement comme des banquets ou la vente des produits issus du jardin partagés de la Renouée sur le marché. Ces actions permettent de compenser le déficit structurel de la caisse qui est d’environ une cinquantaine d’euros chaque mois.
Ce fonctionnement permet ainsi de concilier deux objectifs : garantir aux producteur·rices une rémunération correspondant à la valeur de leur travail tout en rendant l’accès à une alimentation locale et de qualité possible pour des personnes ayant des niveaux de revenus différents. Comme l’explique Stéphanie, bénéficiaire et bénévole impliquée dans le dispositif : “Les producteurs productrices sont payés le montant qu'ils souhaitent mais les usagers peuvent payer le montant adapté à leurs revenus.”
L’expérimentation dépasse ainsi une simple logique d’aide alimentaire. Elle cherche à redonner un pouvoir de choix aux habitants et à considérer l’alimentation comme un droit. Stéphanie insiste notamment sur l’importance de permettre aux personnes disposant de faibles ressources de conserver une liberté dans leurs choix alimentaires : “Est-ce que ça fait pas partie aussi finalement des premières nécessités.”
La Nourricière participe également à une évolution des représentations autour de la précarité alimentaire. Elle rend visible le fait que l’accès à une alimentation de qualité reste fortement dépendant des revenus : “Le côté nourricière a aussi [permis] de montrer que tout le monde ne peut pas se l'offrir.”
Le dispositif s’accompagne d’actions de sensibilisation, d’ateliers cuisine et d’événements collectifs permettant de relier l’accès aux produits à une réflexion plus large sur les pratiques alimentaires. L’objectif est de donner aux habitants les moyens de mieux comprendre les enjeux liés à leur alimentation. La Nourricière apparaît donc comme une expérimentation locale de solidarité alimentaire, mais également comme un outil d’éducation populaire et de transformation des rapports à l’alimentation.

Le rôle du marché de producteurs et la mise en réseau producteurs-habitants

Le marché de producteurs constitue un élément fondateur de l’identité de La Renouée. Bien avant la création de La Nourricière, il occupait déjà une place centrale dans le projet associatif. Dans un territoire rural marqué par une faible densité de population, l'enjeu n'était pas uniquement de créer un débouché économique pour les producteurs, mais de redynamiser un espace de rencontre entre habitant·es et producteur·rices en s'appuyant sur les réseaux du tiers-lieu.
La Renouée ne se contente pas de mettre à disposition un espace de vente. À travers les marchés d'été et d'hiver, elle assure un véritable travail d'intermédiation entre les producteurs locaux et les habitant·es. L'association mobilise son réseau pour réunir des producteur.rices partageant des valeurs communes, organise des temps festifs autour du marché et favorise les échanges entre mangeur·euses et agriculteur·rices. Cette animation contribue à faire du marché un espace de vie où les relations sociales occupent une place aussi importante que les transactions commerciales.Comme l’explique un enquêté : //“Le soutien moral qu'on apporte aux producteurs à ce moment-là, il est assez important. Parce qu'en fait, on reconnaît leur travail, on reconnaît leur légitimité à exister et à mettre aussi leur prix ici.”
À travers cette reconnaissance, La Renouée participe à renforcer la légitimité sociale des producteurs et à soutenir des modèles agricoles souvent minoritaires. La majorité des producteur·rices impliqué·es dans le marché sont d'ailleurs engagé·es dans des réseaux agricoles alternatifs, notamment autour de la Confédération paysanne. Cette proximité favorise l'émergence de relations de confiance durables entre les différents acteurs du territoire. Comme le résume un autre enquêté :
“On connaît tous les producteurs ici.”
Cette connaissance réciproque constitue un levier essentiel de l'action du tiers-lieu. En créant des occasions régulières de rencontre, La Renouée dépasse la simple relation marchande pour construire un réseau local associant agriculteur·rices, artisan·es, habitant·es et associations. Ce rôle d'intermédiaire se prolonge également à travers les nombreuses actions pédagogiques organisées avec les producteurs. Ceux-ci interviennent régulièrement lors d'ateliers ou d'animations afin de transmettre leurs savoir-faire, en particulier auprès des enfants. L'un des enquêtés évoque par exemple des visites de fermes et des ateliers de fabrication du pain :
“On a pu aller voir comment on fait le pain. On a pu aussi faire intervenir Zélie, qui a fait du pain sur le centre de loisirs.”
En articulant marché, événements conviviaux et actions pédagogiques, La Renouée transforme ainsi un dispositif commercial en un véritable outil d'animation territoriale. Le marché devient un support de sensibilisation aux réalités agricoles, favorise les échanges entre producteur.rices et habitant·es et contribue à renforcer les réseaux de coopération locaux.

Le rôle du tiers-lieu comme lieu de coopération entre les acteurs de l’alimentation

Au-delà de ses activités alimentaires, La Renouée fonctionne comme un véritable intermédiaire territorial. Le lieu rassemble différents acteurs et facilite la coopération entre habitant.es, producteur.rices, associations et institutions locales. Son fonctionnement repose sur une logique d’ouverture et d’appropriation collective. Le lieu est accessible 24h sur 24 aux bénévoles et aux habitant.es qui peuvent utiliser les espaces disponibles pour organiser des activités, des événements ou des rencontres. Comme l’explique une enquêtée :
"Je profite de l'espace cuisine.” ; ”Je profite de l'imprimante.”
Le lieu accueille également une diversité d’activités qui renforcent sa capacité à réunir les acteurs du territoire et facilitent les coopérations : brasserie, espace enfant, ateliers de sensibilisation, jardins partagés, spectacles, cuisine collective ou encore accompagnement de personnes en situation de précarité. Comme le souligne Sam :
"C’est un lieu qui permet à beaucoup de choses de se passer. C’est-à-dire des réunions, des actions collectives, des spectacles, des propositions d’ateliers, des gens qui sont là pour s’essayer à une activité.” Cette diversité contribue à attirer différents profils d’usager.es et à créer des occasions de rencontre qui n’existeraient pas nécessairement ailleurs dans un territoire rural marqué par la faible densité de population.
Le tiers-lieu joue également un rôle important dans l’accueil de nouveaux habitants. Pour certains néo-ruraux arrivant sur le plateau de Millevaches, La Renouée constitue une porte d’entrée permettant de découvrir le territoire et de rencontrer des habitants :
“C'était vraiment un lieu de rencontre et un peu une porte d'entrée pour m'installer sur le plateau.”
Ainsi, La Renouée agit comme un espace de médiation entre différentes populations et différentes initiatives locales. Elle permet de mettre en relation des acteurs qui, sans cet espace commun, auraient moins d’occasions de coopérer.

Les tensions entre néo-ruraux et habitants historiques dans l’ancrage territorial

Si La Renouée est aujourd’hui reconnue comme un acteur important du territoire, son intégration locale reste marquée par certaines tensions. Comme beaucoup d’initiatives alternatives du plateau de Millevaches, le projet s’inscrit dans un contexte historique particulier, marqué par une forte présence associative et militante, mais également par des différences culturelles et politiques entre habitants. Le territoire accueille depuis plusieurs décennies des populations néo-rurales engagées dans des projets écologiques, agricoles ou sociaux. Cette dynamique a contribué à l’émergence de nombreuses initiatives, mais elle peut également générer des incompréhensions avec certain.es locaux. Sam reconnaît l’existence de ces clivages :
“effectivement, ici, il y a ce clivage qui peut exister.”La Renouée apparaît ainsi comme un lieu pouvant être perçu différemment selon les habitant.es. Pour certain.es, elle représente une ressource collective importante ; pour d’autres, elle reste associée à un projet porté principalement par des nouveaux arrivant.es et ne répond pas forcément à leurs besoins.
Comme le résume un témoignage :
“Oui la Renouée c'est un lieu clivant.” ; “Il y a des gens qui n'ont jamais mis les pieds dedans.”
Cependant, le tiers-lieu cherche précisément à dépasser ces divisions en créant des espaces de rencontre favorisant les échanges entre les différents groupes d'habitant·es. Les enfants, les marchés et les événements culturels jouent notamment un rôle important dans cette mise en relation. L'espace d'accueil et de jeux destiné aux enfants, aménagé au sein de la Renouée, a été conçu afin de permettre aux parents de confier leurs enfants le temps de faire leurs courses ou de participer aux animations culturelles proposées par le tiers-lieu.
Par ailleurs, les ateliers de jardinage et de cuisine à destination des enfants témoignent de l'importance que l'association leur accorde comme vecteurs de sensibilisation. En impliquant les plus jeunes, la Renouée cherche également à toucher les parents par leur intermédiaire.
“Les enfants, j’ai l’impression qu’ils ont un lien qui permet… En fait, je suis assez persuadé de ça depuis que je travaille avec les enfants : ils créent du lien. Ils facilitent le lien.”
Au-delà des enfants, les nombreux événements organisés par la Renouée contribuent également à renforcer les liens sociaux à l'échelle du village et de ses alentours. Concerts, banquets, conférences, ateliers de couture, de cuisine, de tricot ou encore marchés constituent autant d'occasions de rassembler des publics variés autour d'activités conviviales. En multipliant ces temps de rencontre, le tiers-lieu favorise la mixité sociale et générationnelle et participe à faire de la Renouée un espace de vie ouvert à l'ensemble des habitant·es.
Finalement, La Renouée illustre une difficulté fréquente des tiers-lieux en milieu rural : réussir à porter des valeurs de transition écologique et d’innovation tout en restant ancré dans les réalités sociales et culturelles du territoire. Son expérience montre que l’ancrage territorial ne repose pas uniquement sur la création d’activités répondant aux besoins locaux, mais également sur la capacité à construire progressivement une relation de confiance avec l’ensemble des habitant.es. L’évolution de son projet montre finalement comment un tiers-lieu nourricier peut devenir un véritable outil de revitalisation rurale : en maintenant des services de proximité, en soutenant les producteur.rices locaux, en expérimentant de nouvelles formes de solidarité alimentaire et en créant des espaces de rencontre entre des populations différentes.
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Autor.a de la imagen / Auteur.rice de l'image / Autor.a da imagem Yohan Taris


Características / Caractéristiques / Características


Idioma - Langue - Lingua
  • Français
Grupo de tarea a la que se refere el artículo / Groupe de tâche auquel se réfère l'article / Grupo de tarefas ao qual o artigo se refere  GT1 Estado del arte / Etat de l'art / Estado da arte
Temática / Thématique / Tema Tipología de las inicitativas / Typologie des initiatives / Tipologia das iniciativas

Projets Alimentaires Territoriaux & Tiers-lieux nourriciers

Entidad socia / Structure partenaire / Entidade parceira Coopérative Tiers-Lieux


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Projets Alimentaires Territoriaux & Tiers-lieux nourriciers

Subtítulo - Sous-titre - Subtítulo Coopérer pour l'avenir de notre alimentation ?
Fecha de publicación / Date de publication / Data de publicação 02.09.2026
Palabras clave / Mots-clés / Palavras-chave PAT Tiers-lieux nourriciers
Texto del artículo / Texte de l'article / Texto do artigo Un moment idéal pour penser les politiques alimentaires territoriales avec les tiers-lieux ?

Les élections municipales et communautaires ont renouvelé les équipes, rouvert les agendas, redistribué les priorités. De nouveaux PAT vont se lancer. D’autres, déjà opérationnels, vont chercher à consolider leur gouvernance, diversifier leurs actions et amplifier leur impact.

C’est dans ce contexte qu’est aujourd’hui publié ce livre blanc.

Il met en lumière le rôle structurant des tiers-lieux nourriciers dans la transition agricole et alimentaire. Il montre comment les collectivités, en particulier les porteurs de Projets Alimentaires Territoriaux (PAT), peuvent s’appuyer sur ces lieux pour accélérer la transition agroécologique et renforcer la démocratie alimentaire, en s’appuyant sur des dynamiques locales concrètes et mobilisatrices.

Cette publication vise à outiller les acteurs publics dans leurs coopérations avec les tiers-lieux. Elle met en évidence les conditions de réussite de ces coopérations, leurs freins, mais aussi leur potentiel encore largement sous-exploité.

Aux côtés des PAT, les tiers-lieux nourriciers contribuent directement aux objectifs de la SNANC : relocalisation des productions, accès à une alimentation saine et durable, transition agroécologique, justice sociale et revitalisation des territoires. Là où les PAT apportent une vision stratégique et une capacité de coordination, les tiers-lieux offrent des espaces d’expérimentation, de mobilisation citoyenne et d’innovation au plus près des habitants. Ensemble, ils constituent un levier puissant pour engager une transformation à la fois systémique et ancrée dans les réalités locales.

Un livre blanc réalisé par France Tiers-Lieux, en partenariat avec le RENETA, l'Association Nationale des Tiers-Lieux, Fab'Lim, le Germoir, la Coopérative Tiers-Lieux, le 100e singe et le ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. Un projet mené dans le cadre de l'AAP du PNA avec le soutien financier de l'ADEME.


👉 Commander une version imprimée : https://airtable.com/appb9KgqhY8sFecUo/pag6HiuuPaIWDPX0T/form
LivreBlancTLetPAT_FINAL1_page0001.jpg

Características / Caractéristiques / Características


Idioma - Langue - Lingua
  • Français
Grupo de tarea a la que se refere el artículo / Groupe de tâche auquel se réfère l'article / Grupo de tarefas ao qual o artigo se refere  Transversal
Temática / Thématique / Tema Red de terceros lugares de demostración / Réseau de tiers-lieux de démonstration / Rede de terceiros lugares de demonstração

Premiers entretiens : comprendre les tiers-lieux nourriciers à travers leur écosystème

Entidad socia / Structure partenaire / Entidade parceira Région Nouvelle-Aquitaine


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Premiers entretiens : comprendre les tiers-lieux nourriciers à travers leur écosystème

Subtítulo - Sous-titre - Subtítulo Que disent les acteurs du territoire des tiers-lieux nourriciers ? Premiers enseignements issus des entretiens menés en Nouvelle-Aquitaine.
Fecha de publicación / Date de publication / Data de publicação 04.09.2026
Palabras clave / Mots-clés / Palavras-chave Entretiens Tiers-lieux nourriciers Écosystème territorial
Texto del artículo / Texte de l'article / Texto do artigo Le projet ATLAS réunit des partenaires français, espagnols et portugais autour d’un objectif commun : mieux comprendre les tiers-lieux nourriciers, leur fonctionnement et les conditions qui leur permettent de s’ancrer durablement dans les territoires ruraux. À la croisée de l’agriculture, de l’alimentation, du développement local et de la coopération territoriale, ces lieux sont observés de près afin d’identifier leurs forces, leurs besoins et les points d’attention pour la suite du projet.

En Nouvelle-Aquitaine, le travail s’organise en deux volets complémentaires. La Coopérative Tiers-Lieux a réalisé une première sélection des tiers-lieux nourriciers étudiés et mène les entretiens avec les lieux eux-mêmes, auprès des personnes impliquées dans leur fonctionnement quotidien. De son côté, la Région Nouvelle-Aquitaine s’intéresse aux acteurs qui gravitent autour de ces lieux. Un recensement des écosystèmes associés a ainsi permis d’identifier différentes structures à interroger : acteurs agricoles, institutions, collectivités, associations, structures sociales ou encore organismes d’accompagnement.

Pour guider ces échanges, une trame d’entretien semi-directif a été élaborée par le CSIC (Consejo Superior de Investigaciones Científicas, ou Conseil supérieur de la recherche scientifique), avec la contribution d’autres partenaires du projet. L’idée est simple : poser un cadre commun, tout en laissant chaque personne interrogée raconter son expérience, ses liens avec le tiers-lieu et sa vision du territoire. Les discussions abordent notamment les coopérations existantes, la place de l’agriculture et de l’alimentation, les difficultés rencontrées et les conditions nécessaires pour faire durer ces initiatives.

Les premiers entretiens montrent déjà que les tiers-lieux nourriciers ne sont pas perçus de la même manière selon les acteurs. Pour certains, ils sont d’abord des lieux de vie et de rencontre. L’Office de tourisme de Briance-Sud-Haute-Vienne souligne par exemple, à propos du collectif TilCara, que « le collectif porte des événements qui sont intéressants et qui fédèrent à la fois les habitants, mais aussi qui font venir du monde sur le territoire ». Derrière cette remarque, on voit apparaître une première fonction importante : le tiers-lieu comme espace qui rassemble, anime et rend le territoire plus vivant.

D’autres entretiens mettent davantage en avant la dimension agricole et alimentaire. Le PNR de Millevaches, à propos de La Renouée, explique par exemple que « quand on fait des animations et qu’on n’a pas forcément les compétences pour les réaliser, il nous est arrivé de faire appel à leurs services, notamment des animations type ateliers cuisine ». Dans un autre échange, la cantinière de Pontenx-les-Forges évoque un projet en discussion avec La Smalah autour de plantations avec une classe, pour permettre aux enfants de comprendre concrètement comment fonctionne une activité agricole. Ces exemples montrent que les tiers-lieux nourriciers peuvent aussi devenir des supports de sensibilisation, de transmission et de coopération locale.

Les entretiens rappellent également que la dimension agricole demande une vraie attention. Lorsqu’un tiers-lieu se lance dans une activité de production, il doit composer avec des réalités concrètes : le foncier, les cultures possibles, les équipements, les débouchés et la viabilité économique. Autrement dit, la dimension nourricière ne repose pas seulement sur des valeurs ou des intentions. Elle nécessite aussi des compétences techniques, agricoles et économiques.

Plusieurs défis commencent aussi à ressortir. Le financement reste un enjeu majeur pour permettre aux lieux de se développer et de durer. L’implication des bénévoles apparaît également comme un point de vigilance, certains tiers-lieux fonctionnant avec très peu de bénévoles réguliers. Enfin, la gouvernance peut devenir un sujet sensible lorsque plusieurs structures cohabitent au sein d’un même projet sans toujours partager la même vision.
Ces premiers retours confirment qu’il n’existe pas de modèle unique de tiers-lieu nourricier. Chaque lieu se construit avec son territoire, ses ressources, ses acteurs et les coopérations qu’il parvient à créer.

La prochaine étape consistera à poursuivre les entretiens, à les retranscrire puis à organiser les données par thématiques. Ce travail permettra de mieux comprendre les formes d’intégration territoriale et agricole des tiers-lieux nourriciers, ainsi que les besoins d’accompagnement à prendre en compte dans les prochaines phases du projet ATLAS.
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Autor.a de la imagen / Auteur.rice de l'image / Autor.a da imagem © Région Nouvelle-Aquitaine/ Paul Robin


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  • Français
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