Premiers entretiens : comprendre les tiers-lieux nourriciers à travers leur écosystème

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Premiers entretiens : comprendre les tiers-lieux nourriciers à travers leur écosystème

Subtítulo - Sous-titre - Subtítulo Que disent les acteurs du territoire des tiers-lieux nourriciers ? Premiers enseignements issus des entretiens menés en Nouvelle-Aquitaine.
Fecha de publicación / Date de publication / Data de publicação 04.09.2026
Palabras clave / Mots-clés / Palavras-chave Entretiens Tiers-lieux nourriciers Écosystème territorial
Texto del artículo / Texte de l'article / Texto do artigo Le projet ATLAS réunit des partenaires français, espagnols et portugais autour d’un objectif commun : mieux comprendre les tiers-lieux nourriciers, leur fonctionnement et les conditions qui leur permettent de s’ancrer durablement dans les territoires ruraux. À la croisée de l’agriculture, de l’alimentation, du développement local et de la coopération territoriale, ces lieux sont observés de près afin d’identifier leurs forces, leurs besoins et les points d’attention pour la suite du projet.

En Nouvelle-Aquitaine, le travail s’organise en deux volets complémentaires. La Coopérative Tiers-Lieux a réalisé une première sélection des tiers-lieux nourriciers étudiés et mène les entretiens avec les lieux eux-mêmes, auprès des personnes impliquées dans leur fonctionnement quotidien. De son côté, la Région Nouvelle-Aquitaine s’intéresse aux acteurs qui gravitent autour de ces lieux. Un recensement des écosystèmes associés a ainsi permis d’identifier différentes structures à interroger : acteurs agricoles, institutions, collectivités, associations, structures sociales ou encore organismes d’accompagnement.

Pour guider ces échanges, une trame d’entretien semi-directif a été élaborée par le CSIC (Consejo Superior de Investigaciones Científicas, ou Conseil supérieur de la recherche scientifique), avec la contribution d’autres partenaires du projet. L’idée est simple : poser un cadre commun, tout en laissant chaque personne interrogée raconter son expérience, ses liens avec le tiers-lieu et sa vision du territoire. Les discussions abordent notamment les coopérations existantes, la place de l’agriculture et de l’alimentation, les difficultés rencontrées et les conditions nécessaires pour faire durer ces initiatives.

Les premiers entretiens montrent déjà que les tiers-lieux nourriciers ne sont pas perçus de la même manière selon les acteurs. Pour certains, ils sont d’abord des lieux de vie et de rencontre. L’Office de tourisme de Briance-Sud-Haute-Vienne souligne par exemple, à propos du collectif TilCara, que « le collectif porte des événements qui sont intéressants et qui fédèrent à la fois les habitants, mais aussi qui font venir du monde sur le territoire ». Derrière cette remarque, on voit apparaître une première fonction importante : le tiers-lieu comme espace qui rassemble, anime et rend le territoire plus vivant.

D’autres entretiens mettent davantage en avant la dimension agricole et alimentaire. Le PNR de Millevaches, à propos de La Renouée, explique par exemple que « quand on fait des animations et qu’on n’a pas forcément les compétences pour les réaliser, il nous est arrivé de faire appel à leurs services, notamment des animations type ateliers cuisine ». Dans un autre échange, la cantinière de Pontenx-les-Forges évoque un projet en discussion avec La Smalah autour de plantations avec une classe, pour permettre aux enfants de comprendre concrètement comment fonctionne une activité agricole. Ces exemples montrent que les tiers-lieux nourriciers peuvent aussi devenir des supports de sensibilisation, de transmission et de coopération locale.

Les entretiens rappellent également que la dimension agricole demande une vraie attention. Lorsqu’un tiers-lieu se lance dans une activité de production, il doit composer avec des réalités concrètes : le foncier, les cultures possibles, les équipements, les débouchés et la viabilité économique. Autrement dit, la dimension nourricière ne repose pas seulement sur des valeurs ou des intentions. Elle nécessite aussi des compétences techniques, agricoles et économiques.

Plusieurs défis commencent aussi à ressortir. Le financement reste un enjeu majeur pour permettre aux lieux de se développer et de durer. L’implication des bénévoles apparaît également comme un point de vigilance, certains tiers-lieux fonctionnant avec très peu de bénévoles réguliers. Enfin, la gouvernance peut devenir un sujet sensible lorsque plusieurs structures cohabitent au sein d’un même projet sans toujours partager la même vision.
Ces premiers retours confirment qu’il n’existe pas de modèle unique de tiers-lieu nourricier. Chaque lieu se construit avec son territoire, ses ressources, ses acteurs et les coopérations qu’il parvient à créer.

La prochaine étape consistera à poursuivre les entretiens, à les retranscrire puis à organiser les données par thématiques. Ce travail permettra de mieux comprendre les formes d’intégration territoriale et agricole des tiers-lieux nourriciers, ainsi que les besoins d’accompagnement à prendre en compte dans les prochaines phases du projet ATLAS.
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Autor.a de la imagen / Auteur.rice de l'image / Autor.a da imagem © Région Nouvelle-Aquitaine/ Paul Robin


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